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Ici l'association culture art polar sud Aveyron parle de polar et de vin en bonne compagnie. Actualité sur la littérature policière. Festival du polar de Millau et prix Robin Cook.

Trilogies bis - Frédéric Paulin

Ça y est, avec un peu de retard le troisième opus de la trilogie de Frédéric Paulin sur la
guerre du Liban (Que s’obscurcisse le soleil et la lumière, Ed. Agullo) vient de sortir. Qu’en
dire, si ce n’est qu’il ne décevra pas ceux qui ont déjà lu les deux premiers. Après une remise
en mémoire de qui est qui, tant la foultitude de personnages nécessiterait de préférence une
lecture continue des trois volumes, on est replongé dans l’ambiance politique de la fin des
années quatre-vingt. En effet le début de ce troisième tome est plus orienté vers la situation
française et les séries d’attentats qui endeuillent notre pays. Les coupables commencent à
en être connus mais des intérêts politiques viennent entraver les enquêtes des policiers et
des juges. La France a un grave contentieux financier avec l’Iran (Eurodif) qui instrumentalise
ses séides chiites du Hezbollah pour faire pression au moyen de prises d’otages de
journalistes français au Liban. L’enjeu de leur libération vient perturber la campagne
électorale des présidentielles de 1987 opposant Mitterrand à Chirac. C’est aussi la
continuation des attentats d’Action Directe et les prises d’otages des indépendantistes
Kanaks de Nouvelle-Calédonie qui font de cette période une des plus complexes de notre
histoire récente.
La seconde partie du bouquin nous entraine de nouveau vers le Liban et sa guerre civile
interminable. Les Syriens y règnent maintenant en maîtres et les chrétiens y sont de plus en
plus isolés dans leurs bastions. On continue à suivre les personnages torturés que nous
avions laissés dans les deux précédents livres et ça ne traine pas avant que nous en perdions
certains dans le tumulte de ce cette guerre sordide. L’espoir n’est plus au rendez-vous et on
se doute bien que tout cela risque de se finir très mal. Qui seront les survivants et dans quel
état ? vous le saurez en terminant cet excellent triptyque d’un auteur qui continue de
s’imposer sur la scène littéraire française.

À signaler également dans le genre roman noir politique la parution de la suite de la trilogie
de Benjamin Dierstein. Après « Bleu Blanc Rouge » dont je vous avait déjà parlé (cf. ce blog)
vient de sortir « L’Étendard Sanglant est Levé », mais là, rompant sciemment avec certains
travers de la critique littéraire, je ne vous en cause pas parce que je ne l’ai pas encore lu. À
suivre.

Et puisque l’on parle trilogies en cours, toujours dans le genre romans noir politico-guerriers,
vient de paraitre le deuxième volume de celle de Laurent Guillaume : Les Dames de Guerre.
Là on change d’époque et l’on revient dans les années d’après deuxième guerre mondiale
avec la guerre d’Indochine. Le premier livre intitulé « Saïgon » met en scène une journaliste
américaine dans le bourbier indochinois. Issue de la bonne bourgeoisie yankee, photographe
mondaine pour le magazine Life, mariée et se sentant un peu à l’étroit dans le rêve de
l’american way of life, elle se retrouve à lever la main dans une conférence de rédaction

pour postuler à la succession de Robert Capa qui vient de sauter sur une mine au Vietnam.
Sans aucune expérience de correspondante de guerre elle sera néanmoins choisie, si l’on
peut dire, les autres candidats ne se bousculant pas au portillon. Une fois sur place on lui
adjoint pour la cornaquer un journaliste anglais, vieux routard du monde colonial. Malgré les
recommandations de son journal elle va s’attacher à dévoiler les circonstances troubles de la
mort de son prédécesseur sur le terrain et cela va l’entrainer bien loin de la capitale au fond
d’une jungle où la guerre est totale. Elle y sera accompagnée par des militaires français en
rupture de ban avec l’armée officielle. Passée de l’autre côté du miroir elle rencontrera des
personnages et des pratiques bien loin de son monde aseptisé, dont une étrange femme
soldat qui sera l’objet du tome deux : « Opium Lady ». Mais là encore je ne vous en dirai pas
plus car je ne l’ai pas encore lu non plus. Le style est bon, les personnages attachants, y a
plus qu’à, vous ne regretterez pas. À suivre donc.
Ah oui, j’allais oublier, le premier a reçu plusieurs prix littéraire et est déjà en poche, le
deuxième est en grand format.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lionel LOCQUENEAUX

 

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