Ici l'association culture art polar sud Aveyron parle de polar et de vin en bonne compagnie. Actualité sur la littérature policière. Festival du polar de Millau et prix Robin Cook.
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Toussaint Noël de Jean-Marc Royon
Édition Denoël Collection Sueurs Froides 208 pages
Céline et Audiard ont eu un fils (eh oui, de nos jours tout est possible), et ce fils s’appelle Jean-Marc Royon. Son dernier livre s’appelle, lui, Toussaint Noël, du nom de son personnage principal, vieux flic sur le retour qui tanne sa hiérarchie pour qu’on s’intéresse enfin à une curieuse série noire de suicide d’enfants pauvres. Après trente ans de pas toujours bons et pas toujours loyaux services, sa direction profite d’un burn-out pour se débarrasser de lui. Allez hop, à la retraite des vieux.
Mais la question n’est pas là. Ce livre s’intéresse surtout aux solitudes perdues dans les confins oubliés des banlieues délétères, avec ses petits drames, ses petits trafics, ses émigrés reclus dans les sombres marges d’une société qui a depuis longtemps abandonné l’idée de régler les problèmes des invisibles. Et ce qui pourrait être une énième complainte larmoyante sur la misère en ce bas monde est au contraire un livre jubilatoire par son style et son humour (noir, vous l’aurez compris). Une verve hargneuse et célinienne dans un vocabulaire audiardesque. Une méchanceté bienveillante (allons-y dans l’oxymore) à l’encontre de ses personnages qui se débattent pour échapper à une noyade inéluctable. Du grand art. Et je ne dis pas ça par confraternité maçonnique pour un auteur faisant profession de concierge à Paris étant moi-même fils de bignole de la capitale.
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