Ici l'association culture art polar sud Aveyron parle de polar et de vin en bonne compagnie. Actualité sur la littérature policière. Festival du polar de Millau et prix Robin Cook.
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Ces temps-ci, Beyrouth est particulièrement à l’honneur dans la littérature noire française (et pas que).
Après les deux trilogies dont je vous ai déjà parlé, celle de Frédéric Paulin et celle de Benjamin Dierstein où la capitale du Liban tient une bonne place (dont elle se serait peut-être passée) dans le cours des années quatre-vingt, voici un nouveau diptyque de David Hury sur la perle du Moyen-Orient.
Quelle nécessité d’en rajouter, me direz-vous ? Eh bien, ces deux livres policiers se situent maintenant dans le Liban d’aujourd’hui, le Liban post-guerre civile qui n’en finit plus d’agoniser, victime d’une paix mal construite propice à toutes les dérives mafieuses. Deux inspecteurs, un vieux chrétien pré-retraité et une jeune chiite voilée fraîchement émoulue de l’école de police, mènent des enquêtes qui vont se heurter systématiquement à la politique et à la corruption qui règnent dans ce pays à l’agonie.
Lui, Marwan, a beaucoup trainé sa bosse et a succombé à pas mal de compromissions. Elle, Ibtissam, rêve d’une police intègre où les magouilles communautaires n’auraient plus leur place. Le contact de la jeune femme idéaliste va renvoyer Marwan à sa propre image de vieux flic pourri, et cette image, il n’en peut plus de se la trimballer. N’est-il pas temps d’abandonner ses fantômes et de foutre un immense coup de pied dans la fourmilière ?
Le Liban, et Beyrouth particulièrement, sont aujourd’hui sous le feu d’une actualité plutôt explosive. Même si ces deux livres ont été écrits avant l’intervention américano-israélienne contre l’Iran et son proxy libanais, le Hezbollah, ils nous plongent dans le contexte de cette guerre sans fin et nous permettent de mieux comprendre les événements actuels (c’est toujours ça et ce n’est pas rien). Mais ce sont aussi deux très bons polars bien foutus avec du rythme, du questionnement philosophique, de l’émotion, de la tendresse même, qui vous entraîneront dans une lecture addictive que vous n’aurez de cesse que de terminer.
David Hury n’est pas ce qu’on pourrait appeler un perdreau de l’année. Les 18 années de journalisme et de photoreportage qu’il a passées au Liban lui ont fait aimer ce pays, et cet amour il sourd de toutes les pages, même des plus sombres où l’on a du mal à imaginer comment les Libanais pourrait sortir enfin des ténèbres.
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Beyrouth Forever (Liana Levi 2025, Piccolo Noir, 320 pages)
Beyrouth Paradise (Liana Levi 2026, 317 pages)