Ici l'association culture art polar sud Aveyron parle de polar et de vin en bonne compagnie. Actualité sur la littérature policière. Festival du polar de Millau et prix Robin Cook.
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Après visionnage d'un court métrage réalisé par l'autrice Maïa Thiriet, Hiro ! Fuji-hiro !
film inspiré d’un livre de DAZAI OSAMU les 100 vues du mont Fuji.
avec un personnage qui « fait peur sans le vouloir », la consigne est d'imaginer un scénario de court métrage sur le même thème.
Temps d'écriture : entre 30 minutes et 40 minutes
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M..... écrit
Un bus. La nuit. La pluie. La fatigue. Je monte. Il y a déjà pas mal de monde. De la place où je m'assois, je peux voir le visage du conducteur dans le miroir placé au-dessus de lui. Il est concentré sur sa conduite. Je m'adosse confortablement et je l'observe à loisir. La quarantaine, brun, les traits marqués par la fatigue, les yeux cernés, un pli amer au coin des lèvres.
Arrêt Victor Hugo : un homme descend, une femme et une petite fille montent, la petite amuse tous les passagers par ses commentaires. Au bout d'un moment elle se tait, fatiguée. On n'entend plus que le glissement des roues dans les rues mouillées. Les vitres sont embuées. Il fait trop chaud. Torpeur générale.
Arrêt Emile Zola : dans un chuintement la porte s'ouvre sur le fracas du centre-ville. J'ouvre les yeux. Plusieurs personnes descendent, un groupe de jeunes s'installe, ils devisent bruyamment, s'invectivent en riant. Dans le miroir, je vois les mâchoires du conducteur se contracter, ses lèvres s'affaisser encore. Fracas de l'averse sur le toit.
Arrêt Jean Jaurès : de hautes tours se profilent, Tetris de fenêtres éclairées. La dame et la petite fille descendent, les jeunes aussi. Dans le silence revenu je replonge dans un demi sommeil.
Arrêt Salvador Allende : tout le monde descend et je m'aperçois qu'il ne reste que moi et le conducteur. Maintenant qu'il m'a repérée, il me jette un coup d'œil de temps en temps. Le bus poursuit son chemin au milieu de la cité. Je ne peux m'empêcher de fixer l'homme, ses traits me semblent plus durs, menaçants. Je sens monter une légère angoisse. Je me rencogne sur mon siège, le cœur battant. On roule. Puis le bus ralentit peu à peu, finit par s'arrêter sur le bas-côté. Et soudain, c'est le silence …
L'homme me regarde toujours dans le miroir, il ne bouge pas, il ne dit rien. De longues secondes passent. J'essaie de me faire toute petite. Et d'un seul coup il quitte son siège, il se dirige vers moi d'un pas lourd, il me domine de toute sa hauteur … je ferme les yeux, souris prise au piège. Il pose la main sur mon épaule et je pousse un petit cri de terreur. Il recule, étonné, et me dit d'une voix mal assurée : pardon madame, c'est le terminus, il faut descendre !
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F..... écrit
Quelque part dans le sud de la France où le soleil brille quasiment toute l’année où l’hiver n’a de prise qu’en février. Une maison de retraite entre mer et montagne, un grand parc, une mare dans laquelle pataugent bruyamment des canards…
Une maison de retraite qui, selon les conditions d’admissions, représentait un lieu de vie convivial, une sécurité, une option contre l’isolement et la solitude pour certains et pour d’autres c’était un mouroir !
Aide soignante de nuit, à chaque fois que je prenais mon service j’imaginais tous les réveils réglés à la même heure : MINUIT. L’heure du crime ou du trépas ! On pouvait entendre le tic-tac, les carillons résonner dans les couloirs. Une vraie cacophonie de contretemps !
À minuit je commençais à arpenter les couloirs à peine éclairés par les lumières des issues de secours … Minuit : vêtue de blanc et d’un gilet foncé j’étais l’ange de la nuit ou l’ange de la mort. Je travaillais dans l’obscurité par habitude. Pour eux je n’étais qu’un fantôme qui virevoltait de chambre en chambre. Ils scrutaient mon visage avec méfiance. Dans la pénombre le visage penché sur eux, des ombres se dessinaient sur les murs. Je leur faisais peur malgré moi. La nuit les angoissait. La peur de mourir perturbait leur sommeil.
Alors un soir en accord avec ma hiérarchie et mes collègues, j’ai organisé une petite soirée : ambiance tamisée, petit décor théâtral : que le spectacle commence ! Je les ai tous imités : sketches personnalisés collègues comprises ! Ils ont bien ri : succès assuré ! Ils étaient surtout bon public ! Après une petite collation (tisane, madeleines) ils regagnèrent leurs chambres, oubliant que la « faucheuse » pouvait, pourrait les surprendre à n’importe quel moment dans leur sommeil.
Je n’étais plus l’ange de la mort mais le clown de service prêt à divertir en fonction des besoins, des inquiétudes, apaisant les non-dits ravageurs ! J’étais devenue la complice de leurs nuits !
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G.... écrit
Je suis dans la chambre avec Jojo. La nuit est tombée tôt, le ciel est bas, les volets sont restés ouverts. L’ampoule suspendue au plafond diffuse une lumière blafarde, presque jaunâtre.
La pénombre de ce soir d’hiver semble refroidir l’air, et la hauteur du plafond avale le peu de clarté disponible.
Dehors, le vent souffle plus fort qu’à l’habitude. Les lambrequins claquent contre les fenêtres, et les bourrasques s’engouffrent dans les gaines, où elles bourdonnent et sifflent en tourbillonnant.
Une rafale plus violente que les autres fait vaciller la lumière… puis l’ampoule s’éteint brusquement.
Quelle idée saugrenue me traverse alors l’esprit ?
Sans réfléchir, je pousse un hurlement.
Un vrai hurlement de loup, un cri lancé à la mort :
« Ouuuuuuuh ! Aouuuuuuh ! »
L’électricité revient d’un coup. La lumière se rallume, révélant le visage de mon petit gars, inondé de larmes.
Je le prends aussitôt dans mes bras, le serre fort, et ses sanglots s’apaisent peu à peu.
Pas rancunier, presque consolé, il murmure d’une voix tremblante, comme pour se rassurer encore :
« Papi, tu m’as fait une blague ! »
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sous l'œil de la réalisatrice / autrice Maïa Thiriet
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